RAMA



la lune‚ était là lumineuse, rieuse  radieuse;
elle brillait, blanche de tous ses éclats
comme un diamant noir du transvaal
la lune était lumineuse merveilleuse
      
dame désert, ton ennemi tant abhorré

de toute sa magnificence nous avait inspiré
la nuit était festive et le chat hurlait
comme un fauve de toute sa chaleur en allant
de  mille splendeurs, la nature embaumait
de mille encens rares les êtres et les choses
    
tout autour rien d'autre que le silence
hormis, sorti d'on ne sait quelle pestilence
intrus aux appétits sans fin bête immonde
moustique sans pitié et tout aussi encombrant

de ses dards il remplissait sa panse
de notre sang il éteignait sa faim
la lune était belle intarissable
et le silence embaumait les héros
victimes comme toujours involontaires
d'un combat d'une violence infernale

 et de nos coeurs, surgissait comme une angoisse
existentielle languissante et lancinante questionneuse
le bonheur en fin de compte c'est quoi même ?
est-ce la sonorité étincelante de ton rire ?
est-ce la luminosité écarlate d'un coucher d'horizon ?
est-ce la courbure nubile de ton ombre sur Gamkallé ?
est-ce le mélina africana et sa senteur d'odeurs exquises ?


la lune riait et, de ta bouche fusait en allégro
déchirant de candeur le mur de complicités
à peine nées et déjà si évidentes si attachantes
mais le moustique vampire invétéré de notre sang
sans vergogne, faisait un festin rabelaisien
et notre douleur à peine éliminée de notre diner

nous faisait jusqu'au souvenir une relique oubliée
la nuit était courte comme toutes les choses rares
et toi timide et téméraire tu me contais les touaregs
moi, comme un mâle bororo, de mille fards
j'habillais mes propos donjuanesques à peine audibles

Aziz DIEYE  
Niamey, Juin 1987




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